Éléphants : Hervé Renard face au chantier immense de l’attaque

Hervé Renard. Page officielle de l'équipe nationale de Côte d'Ivoire

De retour sur le banc des Eléphants après un passage remarqué entre 2014 et 2015, Hervé Renard a dirigé ses trois premiers matches avec sa nouvelle formation.

Le successeur d’Emerse Faé affiche un bilan très positif en matches officiels avec deux victoires en autant de rencontres en éliminatoires de la CAN 2027 (4 buts marqués, 0 concédé). Malheureusement, ce tableau idyllique a été noirci par la défaite devant le rival camerounais en amical. Si cet échec a suscité colère et incompréhension chez les supporters, il aura cependant été riches en enseignements. Cette rencontre a surtout prolongé le manque de rendement des avant-centres ivoiriens. Pour ce regroupement, le sélectionneur a mis à l’œuvre tous les attaquants de pointe nominaux qu’il avait convoqués : Ange-Yoan Bonny, Elye Wahi et Rayan Fofana.

Chaque élément de ce trio a pu honorer une titularisation. Pour le même résultat, finalement. Aucun parmi eux n’a pu trouver le chemin des filets. En deux matches, Ange-Yoan Bonny a confirmé ce que l’on pensait déjà de lui. L’attaquant de l’Inter Milan excelle dans le jeu combiné, le jeu dos au but. Mais, peine à afficher les qualités d’un véritable 9. Il déserte constamment la surface de réparation, touche très peu de ballons dans la surface adverse et tire rarement. Après huit matches sous le maillot orange, il n’a toujours pas inscrit le moindre but.

Son concurrent Elye Wahi ne fait pas mieux. Le Niçois est d’ailleurs le seul qui a disputé les trois rencontres de cette trêve internationale sans cependant donné l’impression d’être au niveau. Approximatif techniquement, l’ex-Marseillais est une vraie déception et il reste toujours muet après neuf sélections.

Face à l’inefficacité de ses deux avant-centres titulaires, Hervé Renard a donné sa chance à Rayan Fofana en le titularisant contre le Cameroun. Mais, le Havrais n’a pas saisi sa chance. Trop tendre pour le haut niveau, il n’a pas bien pesé lourd face aux rugueux défenseurs camerounais. En tout cas, il faudra du temps pour que l’avant-centre de 20 ans puisse représenter une option fiable sur le devant de l’attaque ivoirienne.

Après cette trêve internationale, le plus chantier qui va occuper les réflexions d’Hervé Renard est donc celui de l’attaque, pour ne pas dire de la compétitivité de ses avant-centres. Sur quels ressorts va appuyer le sélectionneur corriger la donne ? Car on ne peut pas posséder des joueurs du calibre de Yan Diomandé (Real Madrid), Nicolas Pépé (Villarreal), Ange-Yoan Bonny (Inter Milan) ou Elye Wahi (Nice) et avoir autant de mal à faire frétiller les filets adverses. Au-delà de l’animation offensive qu’il devra repenser, le patron des Eléphants doit se rendre à l’évidence.

Ce n’est pas avec des attaquants de pointe du profil d’Ange-Yoan Bonny ou Elye Wahi que son équipe empilera les buts. Il devra peut-être se résoudre à recourir à d’autres solutions à la finition. D’ailleurs, une source proche du staff technique ne cache pas la réflexion menée autour de Sébastien Haller. Si Renard ne faisait pas du buteur de Sanfrecce Hiroshima une option crédible, il a depuis changé d’avis.

Selon nos informations, sauf cas de blessure, Sébastien Haller fera donc son retour en sélection lors du prochain regroupement prévu le mois prochain. A côté, il y a aussi l’option Karim Konaté. Auteur de 4 buts en 6 matches de championnat avec le RB Salzbourg, le champion d’Afrique a un profil de finisseur qu’il peut résoudre les maux de l’attaque ivoirienne. Et si l’ancien attaquant de l’ASEC Mimosas continue de performer en club, on voit mal le sélectionneur continuer à se priver d’une telle arme.